La caresse du vent...la douceur de la pluie ... l'odeur de la forêt au coucher du soleil.... un soleil rouge...des larmes silencieuses coulent sur des joues...une main qui tient un long bâton en bois sculpté avec une pierre au bout, cette pierre miroite des couleurs de l'arc-en-ciel... des mots incompréhensibles, un éclair blanc et ...
La sonnerie de mon réveil vient une fois de plus de me tirer de se rêve agaçant et flippant. Je m'extirpe difficilement de mon lit et descend prendre mon petit déjeuner. Nous sommes le lundi sept mai 2010, et ma journée risque d'être comme toute celle ayant précédé cette date; ennuyant et banale à mourir. Comment dire, j'ai seize ans et un caractère bien trempé d'après mes parents, malgré le doux prénom dont ils m'ont doté: Capucine.
Je n'aime pas les gens de mon âge, ils sont stupides et aiment faire souffrir. D'ailleurs, ils ne m'ont jamais apprécié et je leurs rends bien. Seul deux ou trois courageux me parlent mais ça me va je suis plutôt solitaire. Je ne m'intègre pas beaucoup dans mon lycée. Peut être est-ce à cause de mon intelligence; pour mon petit lycée miteux et ses élèves je suis une aliène. De plus les filles me jalousent car malgré mon petit coté E.T. les garçons me trouvent physiquement à leurs goûts. Et j'avoue que, de ce côtés là, je n'ai rien à redire et Mère Nature m'a bien gâtée: taille moyenne, cheveux blonds et longs, visage fin et gracieux, de bonne proportion où il faut... et surtout un corps sans graisse en ne faisant comme sport que de la piscine une fois par semaine. Car oui, moi et le sport ça fait deux, ce qui n'est pas pour déplaire à certaines. Quel bonheur de me voire me ridiculiser en public... Enfin bon, il est l'heure pour moi de prendre le bus m'amenant à mon calvaire.
Ma journée fut d'une banalité sans borne. Des insultes à tour de bras, des regards meurtriers et même une tentative d'approche par un garçons assez fous pour avoir laisser ses bijoux de famille à porter de pieds. La pauvre... je suis sûr de lui avoir fait très mal.
Mais maintenant je finis mon bouquin avant d'aller me coucher. Il fait tellement bon que je lis dehors sur le transat. Pourtant un frisson étrange me parcourt. On dirait que quelqu'un m'épie derrière la haie de mon jardin. Je n'arrive plus à lire et décide donc d'aller me coucher. Demain risque d'être tout aussi banale, hélas!
Suite:
-Ne pourrais-tu faire attention où tu mets les pieds! persifla une voix masculine.
De légères sueurs froides se firent sentir. Les chats ne parlent pas et le seul être masculin devant être ici ronfle tranquillement dans son lit. Je commençai à paniquer. Et si ils venaient dans ma chambre? Et si ce n'était pas de simple cambrioleur? Je cherchai fébrilement un couteau dans le tiroir de ma table de chevet, très jolie d'ailleurs avec des yeux de loups sur le manche. Il ne s'y trouvait pas! La mémoire me revint; il était juste sous mon nez, non dans le tiroir mais sur la table de chevet.
Couteau en main, je m'approchai doucement de la porte. Le parquet grinça et les voix se turent. Je maudis ma discrétion et ne bougeai plus, osant à peine respirer. Plus aucun bruit ne se fit entendre de l'autre côtés de la porte. Ce silence devenait trop pesant. Les secondes s'égrenaient lentement dans ma tête, 49, 50, 51... Avais-je halluciné? Je franchis la distance me séparant de la porte sans autres grincements. Je collai mon oreille contre la porte mais n'entendis toujours rien. Un souffle de vent, entrant par ma fenêtre ouverte vint soulever mes cheveux et remuer les plis de ma nuisette. J'eus un brusque sursaut de peur, et si ils étaient rentrés dans la chambre de ma s½ur? J'ouvris la porte brutalement, couteau en avant. L'action suivante se déroula en une fraction de seconde. Quelqu'un se tenant juste devant la porte me fit lâcher prise sur le couteau en manquant de me broyer les os du poignet. Le cri de douleur que j'allais pousser se perdit dans ma gorge tandis que mon agresseur me plaqua contre lui, me soulevant de ce fait du sol, et appliqua sa main contre ma bouche.
-Elle était armée d'un couteau! chuchota mon agresseur d'une voix outrée.
Je me débattis furieusement mais l'inconnu resserra sa prise sur moi.
-Et en plus c'est une vrai tigresse! Elle à réussi à me griffer, continua-t-il.
Il entra dans ma chambre suivit de deux autres silhouettes et s'installa sur mon lit, moi sur ses genoux. Je trouvais la situation embarrassante, gênante, honteuse, et toutes sortes d'autres adjectifs encore. Enfin, l'un d'eux finis par fermer la porte.
J'étais tétanisée. Ils parlaient, depuis quelques minutes déjà, de choses incompréhensibles et farfelues. Apparemment, ils se disputaient pour savoir si j'étais bien celle qu'ils cherchaient. Cette fois, j'en étais sûr, j'avais affaire à des fous. Ils parlaient magie, monde parallèle, ph½nix... Et en plus de tout ça le dénommé Nathi, d'après leurs paroles, ne desserrait prise! Ma fenêtre étant ouverte, j'avais une chance de sauter sans me rompre le cous et courir me cacher... si seulement il desserrait cette putain de prise! Pendant me réflexion, je ne suivis pas le cours de leur discussion et fus surprise de voir l'un d'entre eux s'approcher de moi. Une sueur froide parcourue mon dos, sa tête ne me disait rien qui vaille. Celui qui me tenait se leva d'un bond et m'emporta à l'opposé de la pièce.
« Je t'interdis de la toucher Balian! le mit-il en garde.
Ce dernier ricana.
-Pourquoi ça? Que vas-tu me faire? Tu comptes m'attaquer?
Celui qui me tenait trembla de tout son corps et desserra légèrement sa prise. Seulement j'étais trop tétanisé par la haine se dégageant d'eux pour profiter de cette occasion. Les derniers des trois qui ne s'était que peu manifesté jusque là s'interposa entre les deux hommes; libérant de ce fait le trajet menant à ma fenêtre. Une légère brise vint alors me ranimer et tandis que celui du milieu essayait de calmer le jeu, je me dégageai rapidement et sautai.